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Le blog de l'exaspérée

Les magasins de vêtements : comment vous rendre chèvre en 20 minutes

23 Décembre 2012, 11:40am

Publié par Son altesse l'exaspérée

il y a des gens qui y vont volontairement et qui aiment ça : méfiez-vous en!

il y a des gens qui y vont volontairement et qui aiment ça : méfiez-vous en!

Dans la catégorie "ça me donne envie de chanter du Lara Fabian en rotant" les magasins de vêtements remportent le grand prix.

L'hiver est là et votre garde-robe fait la gueule. Entre vos bottes à talons cassés (dans le métro), vos gilets mâchouillés par votre chat, vos pantalons troués, on est à deux doigts de vous jeter des pièces. Vos parents vous pensent dépressive parce que vous ne prenez plus soins de vous, en fait vous avez juste besoin de nouveaux vêtements. Et là c'est le drame! Il faut vous rendre à l'évidence, il va falloir " faire les boutiques ". Cette seule idée vous donne des sueurs froides, vos mains tremblent, votre coeur monte à 120 et vous vous réveillez la nuit en hurlant. Ceci est un comportement parfaitement normal pour quiconque maîtrisant l'art de l'exaspération. L'évènement se prépare au moins une semaine à l'avance, pour les plus courageuses. Pour vous préparer psychologiquement à cette (més)aventure, vous en parlez à qui veut ou pas l'entendre : votre boss, la concierge, la boulangère, votre chat... Vous cassez les pieds de tout le monde et ce n'est qu'un juste retour de manivelle.

Arrive le jour J. Votre réveil sonne pour rien car vous n'en n'avez pas fermé l'oeil de la nuit. Vous avez soigneusement élaboré une tenue de guerre avec les quelques guenilles qui vous restent : des vêtements faciles à enlever pour passer le moins de temps possibles en cabine. Pas de lacets, lanières, ceintures, chaînes. C'est simple, c'est comme en prison.

C'est l'heure. D'un pas fébrile vous vous dirigez vers ce lieu innommable que de grands psychopathes appellent temple de la mode. Vous perdez 2kg rien qu'en entrant dans le magasin, pourquoi diable fait t-il 50 degrés dans leurs boutiques ?Espèrent t-ils que les clientes se déshabillent en public ? Les gérants de chaînes de vêtements seraient t-ils tous des voyeurs ? Les néons jaunes électriques et NRJ à fond les patates vous collent une migraine en moins de deux. Mais vous n'allez pas faire marche-arrière maintenant.

Vous vous frayez un passage entre les rayons de vêtements. L'exaspération va monter crescendo. Ça commence par ces satanés cintres qui tombent sur votre passage, vous n'êtes pourtant pas bien grosse mais dés lors que vous franchissez les portes d'une boutique de fringues, c'est comme si votre corps faisait 1km d'envergure. Viennent ensuite les pulls et T-shirt rangés pliés sur des tables. Mais quelle idée saugrenue ! Vous essayez d'en trouver un à votre taille en cherchant soigneusement dans la pile, mais rien à faire, à peine vous l'effleurez du bout des doigts, que comme par magie noire, tout se déplie et tombe par terre. Devant votre air empoté, une vendeuse vous saute dessus avant que vous ne saccagiez toute sa boutique : " Je peux vous renseigneeeer ??? " J'en étais sûre, sa voix aiguë m'a transpercé les tympans. Note pour plus tard: prendre des boules Quies.

Il fait de plus en plus chaud et il y a de plus en plus de monde. Dés que vous cherchez un vêtement sur un portant, une cliente se colle à vous pour chercher la même chose. Mais pourquoi ? Vous fuyez à l'autre bout de la boutique. Il faut absolument trouver quelque chose avant que vous ne vous rouliez par terre d'énervement. Comme toujours les vêtements exposés qui vous plaisent sont introuvables dans votre taille. Dépitée, vous vous rabattez sur un pantalon noire quelconque et un pull tout aussi ordinaire.

Il est temps de passer à l'épreuve que tout grand exaspéré redoute : les cabines d'essayages. Après avoir sagement fait la queue les bras chargés de vos vêtements, votre manteau que vous avez fini par enlever et votre sac à main, vous arrivez en sueur et débraillée devant la vendeuse qui vous regarde d'un air dédaigneux car vous ne correspondez pas à l'image de marque du magasin. Elle vous remet un rectangle en plastique avec le nombre de vêtements que vous allez essayer inscrit dessus et vous indique une cabine. Cette cabine pourrait être un havre de paix, un endroit où souffler un peu dans cet enfer féminin, mais que nenni ! À peine entrée à l'intérieur qu'il faut se battre avec le grand rideau qu'il est impossible de fermer jusqu'au bout (des voyeurs je vous dis !) Après cinq minutes de lutte effrénée, vous commencez à avoir des courbatures et déclarez forfait. Il faut ensuite accrocher tout votre attirail sur les deux pauvres porte-manteaux de la cabine, inexorablement la moitié de vos vêtements tombent sur le sol jonché de moutons de poussières. À l'extérieur de la cabine les clientes vous entendent pester comme un dromadaire. Vous en êtes au stade essayage. Vous frôlez l'ulcère gastrique quand un mioche joue devant votre cabine en faisant bouger le rideau. Vous vous retenez de lui hurler dessus et sur sa mère par la même occasion car, soyons honnêtes, à l'époque de l'enfant Roi, ce n'est pas politiquement correct. Vous essayez le pantalon, les genoux arrivent aux chevilles, il flotte à la taille et serre les fesses. Normal vous êtes une extra-terrestre. Vous enfilez le pull, votre tête reste coincée, vous suffoquez. Quand vous parvenez enfin à la passer, vous ressemblez à quelqu'un qui vient de mettre les doigts dans une prise de courant : les cheveux électriques dressés tout autour du visage, les joues rouge tomate par le frottement du polyester. Ça fait 20 minutes que vous vous débattez avec tout dans cette maudite cabine, ce qui ne manque pas d'interpeller la vendeuse qui, sans prévenir, entrouvre (un peu plus) le rideau : "ça vaaaa ? Tout se paaaasse bieeeen ? " De la fumée vous sort par les oreilles, vous avez l'air de sortir des tranchées, mais oui, merci, tout se passe pour le mieux ! Mais la dame ne lâche pas prise : " on a des petits tops en promotion, vous voulez que je vous en apporte ? " Vous avez envie de rugir tel un tigre en colère, pourquoi faut t- il appeler des hauts des " petits tops "? Le ridicule de cette expression vous fait bouillir de rage, vous avez une subite envie d'étrangler quelqu'un. Tant bien que mal vous vous rhabillez dare dare, filez en caisse où inévitablement on vous proposera une carte de fidélité attrappe-couillon, payez votre pull en synthétique, taché du fond de teint de toutes les clientes qui l'ont essayé avant vous et dont le prix est apparemment aligné sur le cours du pétrole, et sortez de l'antre du diable.

Dehors l'air ne vous a jamais parut aussi pur, vous en inspirez de grandes bouffées , haletante. Vous rentrez chez vous débraillée, courbaturée, claudiquant, le cheveux hirsute, le regard de celle qui revient de loin. Vous vous mettez au lit pour le reste de la journée, les narines encore remplies des mélanges de parfums écoeurants et d'odeurs de transpiration, en vous promettant que la prochaine fois vous ferez vos achats en ligne.

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